Le Japon, une réussite qui en appelle d’autres

Le succès populaire de cette Coupe du Monde au Japon pourrait inciter des pays émergents dans la discipline à accueillir la compétition à l'avenir. Parmi les potentiels candidats, le continent américain.

TOKYO, le 30 octobre – La Coupe du Monde au Japon a été une réussite incontestable. L’engouement suscité par la compétition a été tel que l’ancien capitaine de l’Irlande Brian O’Driscoll souhaite voir l’expérience se répéter dans d’autres pays.

À l’image des records d'affluence des fanzones, qui ont dépassé le million de visiteurs depuis le début de la compétition, le Japon s’est épris de son équipe et de cette Coupe du Monde. « Ce que j’ai trouvé très intelligent, c’est que dans un pays qui n’a pas une longue culture rugbystique, ils ont trouvé un moyen d’avoir le soutien inconditionnel de leurs supporters, en jouant de façon rapide, frénétique et emballante, explique O’Driscoll. En plus, cela leur convient bien. Ils ne veulent pas d’un bras de fer, c’est évident. C’était génial de les regarder jouer. »

Si les joueurs et l'encadrement japonais souhaitent désormais taper à la porte des meilleures équipes mondiales pour avoir des rencontres plus régulières, c’est également l’idée de l’ancien trois-quarts centre irlandais. « J’espère qu’ils pourront continuer et que World Rugby est attentif à la nécessité pour eux de disputer plus de matches avec des équipes de Tier 1. J’ai jeté un œil aux statistiques sur les matches entre nations de Tier 2 et celles de Tier 1 sur ces quatre dernières années. Il faut qu’on trouve un système pour réduire l’écart entre Tier 1 et Tier 2. »

L'Amérique veut l'avoir et l'aura

Alors que cette édition 2019 va fermer ses portes ce samedi, se pose la question des prochaines éditions. L’Irlande n’a jamais accueilli la compétition et a été battu – ainsi que l’Afrique du Sud – par la France pour accueillir la Coupe du Monde 2023.

S’il espère bien évidemment voir son pays recevoir la compétition, O’Driscoll se montre tout aussi enthousiaste face aux nouveaux territoires qui ne demandent qu’à s’ouvrir au rugby. « J’espère qu'ils poursuivront dans cette voie, il le faut, affirme BOD. Je faisais partie du comité de candidature pour Irlande 2023, et on était tous déçus de ne pas l’obtenir. Mais si ce n’est pas l’Irlande, autant aller aux États-Unis ou ailleurs, comme en Italie. »

Si l’Europe, l’Océanie, l’Afrique et l’Asie ont déjà organisé une Coupe du Monde de Rugby, le continent américain n’a, en revanche, jamais accueilli la compétition reine. « C’est peut-être un peu trop tôt pour les États-Unis; et l’Argentine n’a probablement pas encore les infrastructures nécessaires. Pour eux aussi, c’est sûrement un peu trop tôt », soupire BOD.

Trouver un juste équilibre

« 90 % des gains de World Rugby sont engendrés par la Coupe du Monde. Ils ne peuvent pas se permettre de se tromper. Mais ce n’est pas qu’une question d’argent, confie l’ancien capitaine du XV du Trèfle. On essaie de trouver un juste milieu entre l’émergence de nouveaux marchés, comme ici, et le fait de s’assurer une rentabilité sur quatre années. »

Succès sportif et économique, cette Coupe du Monde 2019 ouvre en tout cas de nouvelles perspectives et confirme que le rugby professionnel est prêt à conquérir de nouveaux territoires.

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