Dallaglio navigue entre fierté et appréhension

Confiant avant la finale, Lawrence Dallaglio estime que l'Angleterre va tout de même souffrir pour battre une équipe de l'hémisphère sud pour la troisième fois consécutive dans cette compétition.

TOKYO, le 30 octobre – Si la confiance est de mise outre-Manche, Lawrence Dallaglio tempère l’enthousiasme local. Selon lui, l’Angleterre ne réalisera pas une démonstration aussi impressionnante, en finale samedi à Yokohama, que lors de la demi-finale face aux All Blacks.

« Je ne suis pas sûr que l'on puisse espérer voir la même chose, parce que ça ne se passe jamais comme ça en rugby », affirme l’ancien capitaine du XV de la Rose lorsqu’il est interrogé sur la capacité de son équipe à réciter une leçon parfaite contre les Springboks.

Pour Dallaglio, la victoire face aux Blacks est « l’une des plus grandes performances de l’histoire de la Coupe du Monde de Rugby, point barre. C’est aussi le match le plus accompli de l’Angleterre depuis pas mal de temps, voire de toute son histoire. »

En matière de Coupe du Monde, l’ancien troisième ligne centre en connaît un rayon. Champion du monde 2003, finaliste en 2007, il a tout vu et connu. « Je dis que c’est le meilleur match avec beaucoup de fierté, reconnaît-il. C’était époustouflant de bout en bout. C’est rare qu’une équipe ait un plan de jeu qu’elle parvient à appliquer à la perfection de la première à la dernière minute. »

Pourtant tout n'était pas parfait, même si cette rencontre a fait le bonheur des supporters. « Il y a probablement plusieurs points sur lesquels ils pourraient faire mieux, être plus efficaces. Mais on ne peut être que contents après une telle démonstration », reconnaît celui qui a porté 85 fois le maillot anglais.

Une autre version de la Triple Couronne

Outre le titre mondial, l’Angleterre est à l’aube d’un exploit historique : battre consécutivement les trois principales nations de l’hémisphère sud en Coupe du Monde (Australie, Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud). « S’ils s’imposent – et ce ne sera pas facile – en battant les trois équipes de l’hémisphère sud à la suite, ils méritent d’être champions du monde », sourit Dallaglio.

À 47 ans, il craint la solidité défensive adverse. « Avec Eddie Jones, l’Angleterre a un sélectionneur très expérimenté, qui examinera l’Afrique du Sud en détails. Mais on ne peut pas s’attendre à la même chose que face à la Nouvelle-Zélande. L’Afrique du Sud est difficile à battre. Ils n’ont concédé que quatre essais depuis le début du tournoi, dont deux face aux All Blacks lors du premier match. »

Chacun sa route, chacun son chemin

Interrogé sur le parallèle qui peut être fait avec l’équipe de 2003 vainqueur du seul titre anglais, Lawrence Dallaglio (ci-dessus avec son coéquipier Will Greenwood, champion du monde 2003 également) renie toute ascendance. « Cette équipe trace sa propre voie. Pour remporter la Coupe du Monde, vous devez gagner sept matches, rappelle celui qui a marqué 17 essais avec le XV de la Rose. Mais battre les trois nations du sud d’affilée comme ça, ce serait absolument incroyable. »

L’Angleterre n’a jamais été aussi proche de réaliser cette performance unique. Et Owen Farrell d’être le deuxième capitaine anglais à soulever la Coupe Webb Ellis après Martin Johnson.

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