Gatland veut partir en beauté

Pour le sélectionneur du pays de Galles, qui quittera ses fonctions après la Coupe du Monde, les propos tenus sur l’Angleterre qui aurait joué sa finale avant l’heure n’étaient pas une critique. Il aimerait voir le XV de la Rose remporter la Coupe du Monde et son équipe finir sur une note positive, en battant pour la première fois les All Blacks.

TOKYO, le 30 octobre – Il y a quelques jours, Warren Gatland, sélectionneur du pays de Galles, a créé une petite polémique en suggérant que l’Angleterre avait peut-être déjà disputé sa finale en battant les All Blacks en demi-finale : « Lors de certaines Coupes du Monde, on a vu des équipes jouer leur finale avant l’heure en demi-finale et ne pas être au niveau attendu le jour de la vraie finale. Ce sera donc intéressant de voir comment l’Angleterre se comportera la semaine prochaine. »

Eddie Jones n’avait pas manqué d’envoyer une petite pique en réponse, en espérant que Gatland « prendrait plaisir à jouer la petite finale ».

Warren Gatland a donc tenu à désamorcer la situation en précisant qu’il ne s’agissait pas à ses yeux d’une critique : « Je réfléchissais à ce qu'on a pu voir par le passé, a-t-il précisé. Je pensais aux All Blacks en 2011. Ils avaient fait un gros match contre l'Australie en demi-finales et ils avaient peut-être cru jouer la finale avant l'heure. Après, ils ont affronté la France, et c'était probablement un match qu'ils pensaient pouvoir gagner confortablement. Au final, ça a été très serré. »

Pour enfoncer le clou, le Néo-zélandais a précisé où allaient ses préférences pour la finale : « J'ai trouvé les Anglais excellents contre les All Blacks. Je ne les avais jamais vu jouer aussi bien ces dix dernières années. Je les ai trouvés remarquables. Ça va être une grande finale entre deux équipes physiques et j'espère qu'une équipe de l'hémisphère nord va remporter la Coupe du Monde. Ça aurait été génial qu'on se retrouve tous les deux en finale, mais tant pis. Il y a beaucoup de joueurs que j'ai eu la chance de côtoyer par le biais des Lions [irlandais et britanniques] et je leur souhaite le meilleur. »

La question de la réponse apportée par les Anglais au haka en demi-finale est naturellement venue sur la table, et Gatland a confirmé avec humour qu’il était là aussi du côté du XV de la Rose : « Face au haka, il faut rester debout et accepter le défi qui vous est lancé, parce que le haka prend la mesure de votre agressivité, de vos capacités physiques. Il est important de ne pas reculer et de répondre avec respect. C'est ce que l'Angleterre a fait, à mon avis. Dieu merci, les Anglais n'ont pas fait la Morris dance [danse folklorique anglaise]. »

Avec toute cette histoire, on en oublierait presque que le pays de Galles et la Nouvelle-Zélande ont encore une finale de bronze à jouer, et qu’il s’agira du dernier match pour les sélectionneurs des deux équipes.

Pour cette rencontre, Gatland a procédé à neuf changements après avoir perdu plusieurs joueurs sur blessure. L’ailier George North et le flanker Aaron Wainwright se sont blessés aux ischio-jambiers lors de la défaite 19-16 en demi-finale face aux Springboks, tandis que le pilier Tomas Francis (épaule) et l'arrière Leigh Halfpenny (commotion) ont également dû déclarer forfait.

De son côté, l'arrière Liam Williams devra rester éloigné des terrains pendant trois mois, puisqu’il a subi une opération à la cheville après une blessure contractée à l’entraînement la semaine dernière. Ce sera l’occasion pour l’ailier Owen Lane, qui est venu au Japon pendant la semaine en tant que remplaçant, de faire ses débuts en Coupe du Monde.

Pour le sélectionneur du pays de Galles, ce match pourrait venir couronner un mandat de douze ans marqué par de nombreux succès. Il part en effet après avoir offert au XV du Poireau trois grands chelems dans le Tournoi des Six Nations, deux demi-finales et un quart de finale de Coupe du Monde et une éphémère place de numéro un au classement mondial World Rugby.

L’enjeu de cette finale de bronze n’est pas insignifiant, dans la mesure où une victoire du pays de Galles mettrait un terme à 66 ans de défaites contre les All Blacks.

« Il y a vraiment quelque chose en jeu, beaucoup de fierté et une victoire contre eux serait quelque chose de spécial. C’est la seule équipe que je n'ai pas battue avec le pays de Galles, a-t-il déclaré. Cette expérience m'a apporté énormément de choses. Ma plus grande satisfaction, c'est d'avoir redonné le sourire aux gens qui portaient le maillot rouge, et de leur avoir donné envie de nous encourager à nouveau. Ce qui a vraiment changé, c'est que les gens sont fiers de l'équipe, et que les joueurs sont fiers de porter le maillot. Ils se donnent à 100 %, et en tant que sélectionneur, on ne peut pas espérer mieux. »

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