Les Springboks, penchés vers l’avant

Pour s’offrir le droit de disputer la troisième finale de Coupe du Monde de son histoire, l’Afrique du Sud s’est appuyée sur la puissance de De Jager, le turbo de Mapimpi et la précision au pied de Pollard. Il ne tient plus qu’à elle de devenir la première équipe championne du monde après avoir perdu un match en route.

TOKYO, le 30 octobre - Un résumé du parcours de l’Afrique du Sud pour atteindre la finale de la Coupe du Monde de Rugby, qui se jouera samedi à l’International Stadium Yokohama face à l’Angleterre.

Match 1, Poule B, International Stadium Yokohama, le 22 septembre
Nouvelle-Zélande 23-13 Afrique du Sud
En ce début de Coupe du Monde, ce match a un peu des allures de répétition générale avant une finale potentielle qui en aurait, de l'allure, mais les All Blacks ne manquent pas l’occasion de commencer leur compétition du bon pied. Handre Pollard ouvre le score pour les Springboks sur pénalité. Il en manque toutefois une deuxième dans la foulée, et la Nouvelle-Zélande en profite pour inscrire 17 points consécutifs. L'Afrique du Sud se rebelle par l’intermédiaire de l’intenable Cheslin Kolbe, dont les assauts finissent par aboutir à un essai marqué par Pieter-Steph du Toit. À vingt minutes de la fin du match, Pollard passe un superbe drop et le match semble totalement relancé. Mais les Néo-zélandais remettent la main sur la rencontre. Richie Mo'unga et Beauden Barrett ajoutent deux pénalités pour clore le score.

Match 2, Poule B, Toyota Stadium, le 28 septembre
Afrique du Sud 57-3 Namibie
Entre les deux voisins aux moyens disproportionnés, on s'attend forcément à un match à sens unique. Dès la mi-temps, les Boks ont déjà inscrit 31 points grâce à deux doublés d’essais du talonneur Mbongeni Mbonambi et de l'ailier Makazole Mapimpi (ci-dessus). Le deuxième ligne Lood de Jager (ci-dessous), nommé Joueur du match, réalise une performance de haut niveau qui lui vaudra désormais de porter le numéro 5 de Franco Mostert pour les gros matches de l’Afrique du Sud.

Match 3, Poule B, Shizuoka Stadium Ecopa, le 4 octobre
Afrique du Sud 49-3 Italie
Ce match contre l’Italie est décisif pour la deuxième place de la poule. Battus 18-20 en 2016 à Florence, les Springboks ne prennent pas les Azzurri à la légère. L’Afrique du Sud ne fait pas mystère de ses intentions : parmi ses huit remplaçants sur la feuille de match, le sélectionneur Rassie Erasmus a choisi six avants pour pouvoir prendre physiquement le dessus sur le puissant pack italien. Le moment clé de ce match est l’expulsion du pilier gauche italien Andrea Lovotti pour un plaquage cathédrale sur Duane Vermeulen. L’Italie perdra également ses deux piliers droits sur blessure, ce qui l'obligera à subir les mêlées. Kolbe en profite pour briller en inscrivant deux essais. L’Afrique du Sud est officiellement qualifiée pour les quarts de finale.

Match 4, Poule B, Kobe Misaki Stadium, le 8 octobre
Afrique du Sud 66-7 Canada
En raison d’un temps de récupération très court après le match contre l’Italie, les Springboks font largement tourner leur effectif. Cette stratégie se révèle payante. Le demi de mêlée Cobus Reinach inscrit trois essais en 21 minutes. C’est le triplé le plus rapide de l’histoire de la Coupe du Monde. À la mi-temps, le match est déjà plié avec un score de 47-0 en faveur de l’Afrique du Sud.

Match 5, quart de finale, Tokyo Stadium, le 20 octobre (ci-dessus)
Afrique du Sud 26-3 Japon
À l'approche de ce quart de finale, l’enjeu tactique de la rencontre est passionnant. D’un côté, l’Afrique du Sud entend faire parler la puissance de ses avants pour s’imposer. En face, les Brave Blossoms ont la ferme intention d’imposer le rugby alerte et rapide qui leur a permis de se qualifier pour le premier quart de finale de leur histoire. À la mi-temps, rien n’est fait, puisque l’Afrique du Sud ne mène que 5-3 à la faveur d’un essai de Mapimpi marqué dès la quatrième minute. Rassie Erasmus a des sueurs froides, comme il l’avouera après le match. Mais le travail de sape des Sud-africains commence à payer. Ils résistent aux multiples offensives des Japonais en leur opposant une défense féroce qui entame leurs capacités physiques. Le score monte à 14-3 grâce à trois pénalités de Pollard. Mapimpi et Faf de Klerk inscrivent ensuite deux essais en quatre minutes pour clore la marque. C’est la fin de l’épopée japonaise.

Match 6, demi-finale, International Stadium Yokohama, le 27 octobre
Afrique du Sud 19-16 Pays de Galles
Avant la rencontre, le capitaine gallois Alun Wyn Jones donne le ton en annonçant que ce quart de finale sera un véritable bras de fer. De son côté, le demi d’ouverture Pollard estime que la rencontre pourrait se jouer sur une pénalité. Les deux pronostics vont se révéler exacts. Alors qu’il reste 14 minutes à jouer dans une rencontre intense et fermée, le score est de 16-16. C’est alors que Pollard réussit une pénalité de trente mètres à angle fermé. Il ne reste que cinq minutes à jouer. L’Afrique du Sud valide son billet pour la finale de la Coupe du Monde de Rugby.

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