L’Angleterre en habit de lumière

Au fil de la compétition, les hommes d’Eddie Jones se sont appuyés sur un physique supérieur et une confiance absolue en leur jeu pour endosser un costume de favoris qui leur va à merveille. Ils signent au passage un chef d’œuvre face aux doubles champions du monde en titre en demi-finale.

TOKYO, le 31 octobre - Un résumé du parcours de l’Angleterre pour atteindre la finale de la Coupe du Monde de Rugby, qui se jouera samedi à l’International Stadium Yokohama face à l’Afrique du Sud.

Match 1, Poule C, Sapporo Dome, le 22 septembre
Angleterre 35-3 Tonga
En réussissant un énorme plaquage d’entrée de jeu, Billy Vunipola donne le ton de la rencontre. L’Angleterre domine physiquement une équipe des Tonga incapable de répondre dans le même registre. À quatre minutes de la mi-temps, le point du bonus offensif est déjà dans la poche des Anglais grâce à un essai de Luke Cowan-Dickie (ci-dessus). Pour les grandes envolées lyriques, l’Angleterre se tourne vers Manu Tuilagi, qui ne déçoit pas en inscrivant deux essais. Entré en cours de match, Nasi Manu revit : c’est son retour officiel à la compétition, après un long hiatus durant lequel le Tonguien a dû lutter contre un cancer.

Match 2, Poule C, Kobe Misaki Stadium, le 26 septembre
Angleterre 45-7 États-Unis
Avec quatre petits jours de récupération et un long transfert depuis Sapporo, cette deuxième rencontre de poule est le match piège par excellence pour l’Angleterre. Avec un taux d’humidité de 80 % sous le toit fermé du stade, les deux équipes jouent dans des conditions inhabituelles. Cowan-Dickie apporte de nouveau sa contribution au tableau d'affichage en inscrivant un essai. Le flanker américain John Quill est expulsé à dix minutes de la fin pour un plaquage haut sur Owen Farrell. À la baguette, George Ford réalise une performance impressionnante. L’Angleterre inscrit six essais.

Match 3, Poule C, Tokyo Stadium, le 5 octobre
Angleterre 39-10 Argentine
On s'attend à une rencontre tendue et serrée tant les enjeux sont élevés, en particulier pour une Argentine surprise d’entrée par la France. C’est le cas jusqu’à la 18ème minute de jeu et l’expulsion de Tomas Lavanini pour un plaquage haut, à nouveau sur Farrell. Les Pumas sont dès lors très logiquement débordés. Malgré un jour sans de leur capitaine dans les coups de pied placés, les Anglais s’imposent largement en marquant à nouveau six essais. Cowan-Dickie (ci-dessous) franchit la ligne pour la troisième fois en autant de matches. Grâce à cette troisième victoire avec le bonus, l’Angleterre est le premier pays qualifié pour les quarts de finale. Le dernier match de poule contre une équipe de France elle aussi déjà qualifiée sera décisif pour les deux premières places de la poule.

Match 4, Poule C, International Stadium Yokohama, le 12 octobre
Angleterre-France ANNULÉ
Le quatrième match de poule est annulé en raison de l'approche imminente du typhon Hagibis. Les deux équipes marquent deux points, l’Angleterre finit en tête du classement. Les Anglais se rendent à Miyazaki, à la fois pour retrouver le soleil et, d'après le sélectionneur Eddie Jones, pour savourer l’excellent bœuf local.

Match 5, quart de finale, Oita Stadium, le 19 octobre
Angleterre 40-16 Australie
Pour fêter sa 50ème sélection, Jonny May inscrit deux essais décisifs. Le bilan de Jones face aux équipes dirigées par Michael Cheika est désormais de 7 victoires à 0. Farrell réalise cette fois-ci un sans-faute au pied avec un très joli 8/8 et 20 points au compteur. La bataille de la conquête dans les regroupements tourne à l’avantage de Sam Underhill et Tom Curry, qui éclipsent leurs homologues australiens Michael Hooper et David Pocock, deux joueurs qu’ils admirent par-dessus tout. Avec ce succès, l’Angleterre se positionne clairement pour la victoire finale et Henry Slade se rappelle au bon souvenir du sélectionneur avec une performance majuscule. En fin de match, Ford s’est installé à l’ouverture, à la place de Farrell.

Match 6, demi-finale, International Stadium Yokohama, le 26 octobre
Angleterre 19-7 Nouvelle-Zélande
Le tableau d'affichage ne rend pas justice à la domination totale de l’Angleterre sur les doubles champions du monde en titre, alors premiers au classement mondial World Rugby. Les All Blacks font pâle figure face à un XV de la Rose qui aurait pu largement faire enfler le score avec deux essais annulés et une occasion majeure ratée par un Jonnny May qui subit un claquage de la cuisse sur l’action. De retour dans le XV de départ, Ford s’illustre en chef d’orchestre scintillant et impeccable buteur en relais d’un Farrell blessé à la jambe. Ce dernier reste toutefois sur le terrain et continue à diriger les opérations grâce à son QI de rugby supérieur à la moyenne et servi par un sang-froid hors du commun. L’Angleterre gagne le droit de disputer sa quatrième finale de Coupe du Monde.

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