Réorganisation du XV de France pour accéder au Top 3 mondial

Le nouveau sélectionneur de l'équipe de France Fabien Galthié a présenté son nouveau staff avec une promesse : faire remonter le XV de France dans le Top 3 mondial.

Et si dans quatre ans, lorsque la France sera sacrée Championne du Monde pour la première fois, qui plus est chez elle, on se dira : c'est ici, à Montgesty, petit village du Lot, que tout a commencé... C'est ici en tout cas, chez lui, sur ses terres, là où son père est maire, que Fabien Galthié, le nouveau sélectionneur du XV de France, a choisi de présenter officiellement son nouveau staff mercredi 13 novembre.

Alignés ensemble sur les terrains sur 40 tests, Ibanez et Galthié vont une nouvelle fois faire équipe ensemble pour environ le même nombre de matches internationaux à venir, mais dans un tout autre registre. « Je suis très heureux d’être accompagné de Raphaël ; il a été mon capitaine, j’ai été son capitaine », confie Fabien Galthié. « On se côtoie depuis plus de 20 ans que ce soit dans le rugby ou en dehors. Nous avons su créer des liens très forts ensemble. »

« Nous avons un parcours commun », renchérit Raphaël Ibanez. « On a la chance de se comprendre et de se connaître. Nous avons vécu tant d’aventures très fortes en émotions. C’est un privilège d’être à ses côtés pour se lancer dans cette aventure. »

"Le rugby international aujourd’hui est disruptif. Il y a énormément de transition, de turn-over. La manière de le gérer est la clef."

Fabien Galthié

Dans la même équipe de France entre 1996 et 2003, ils ont affiché un taux de victoires de 68,75% en tests et de 77,77% rien que sur les neuf matches de Coupes du Monde de Rugby qu'ils ont disputé ensemble en 1999 et 2003.

Un projet en cinq points sur quatre ans

Le projet de Galthié tient en cinq points : « Travailler notre rugby, notre projet, notre chemin, notre identité et notre objectif », annonce-t-il. « Notre projet est d’avoir 42 joueurs lors des rassemblements jusqu’au jeudi afin qu’ils puissent jouer dans les leurs clubs s’ils ne sont pas choisis. Ainsi nous pourrons travailler à haute intensité le plus souvent possible. Notre volonté est d’être transparent avec les clubs. Nous disposons d’outils permettant de de livrer tous les contenus des entraînements. Ensuite, il faut aller à leur rencontre pour leur proposer tout ce que nous sommes capables d’offrir. »

Le nom du capitaine qui remplacera Guilhem Guirado et les recrues d'une liste élargie de 75 joueurs (dont une partie des mondialistes) – chaque poste devant être couvert par cinq joueurs pour disposer le plus possible d'options et « limiter le turnover », selon les mots du sélectionneur - seront connus ultérieurement.

Un staff complémentaire

Pour mener à bien sa tâche, il s'est entouré de bon nombre de spécialistes dans leur domaine (voir ci-dessous) dont l'emblématique Shaun Edwards qui était il y a encore quelques semaines en charge de la défense du Pays de Galles (rôle qu'il a tenu pendant 11 ans) aux côtés de Warren Gatland à la Coupe du Monde de Rugby 2019. Edwards a fait partie du staff gallois qui a vécu ses plus belles saisons remportant trois Grands Chelems, six Tournois des Six Nations et qui a terminé 4e à la RWC 2019 pour la deuxième fois de son histoire (après 2011).

« Dans notre encadrement, il y a un apport de compétence complémentaire. Il faut faire fusionner ce staff », indique Fabien Galthié. « Toutes les compétences s’associent pour construire un entraînement à haute intensité. Chacun travaille au développement du joueur pour le faire monter en gamme. Il faut répéter inlassablement les systèmes de jeu définis. »

Renouer avec le french flair ?

Au cours de sa présentation, Fabien Galthié a semblé vouloir tout faire pour renouer avec une certaine identité du jeu français, que d'aucuns définissent par le french flair. « Le point fort est notre capacité à improviser », dit-il. « Après il ne faut pas oublier de construire un cadre d’exigence. Avec le potentiel de nos joueurs, il faut co-constuire ce cadre tout en aménageant des espaces de libertés, véritable ADN du rugby français. C’est un rugby intelligent. Un rugby qui puisse s’adapter.

« Le rugby international aujourd’hui est disruptif. Il y a énormément de transition, de turn-over. La manière de le gérer est la clef. Nous avons touché du doigt ces facteurs avec Jacques (Brunel, ndlr). Ensuite, la notion de combat à travers l’identité est présente. Il faut trouver un équilibre entre la conquête et le reste. Nous avons peu de temps puisque on se projette le 2 février face à l’Angleterre. »

Ce sera en effet le début du Tournoi des 6 Nations, le baptême du feu du nouveau staff des Bleus avec une ambition clairement affichée : « redevenir une équipe qui gagne rapidement des matches et des compétitions pour rentrer dans le Top 3 mondial ».

Le nouveau staff des Bleus

  • Entraîneur : Fabien Galthié (50 ans)

Ancien demi de mêlée de l'équipe de France, 64 sélections (entre 1991 et 2003) dont 24 en tant que capitaine, quatre Coupes du Monde de Rugby (1991 1995, 1999 et 2003), champion de France en 2003, Grand Chelem aux 6 Nations en 1997, 1998 et 2002. En tant qu'entraîneur : Stade Français (2004-2008 ; champion de France en 2006 et 2007), conseiller technique pour l'équipe d'Argentine (2008-2010), Montpellier (2010-2014) et directeur sportif de Toulon (2017-2018).

  • Manager : Raphaël Ibanez (46 ans)

Ancien talonneur de l'équipe de France, 98 sélections (entre 1996 et 2007) dont 41 en tant que capitaine, trois Coupes du Monde de Rugby (1999, 2003 et 2007), joueur à l'US Dax, Perpignan et Castres mais aussi aux Saracens et London Wasps, vice-champion du monde en 1999, Grand Chelem aux 6 Nations en 1998 et 2002 (vainqueur en 2006 et 2007). Entraîneur à l'UBB (2012-2017).

  • Entraîneur de la défense : Shaun Edwards (53 ans)

Ancien demi de mêlée et demi d'ouverture (rugby à XIII), entraîneur-adjoint de l'équipe nationale du Pays de Galles (2008-2019), entraîneur-adjoint des British & Irish Lions (2009), trois Coupes du Monde de Rugby (2011, 2015 et 2019).

  • Entraîneur des trois-quarts : Laurent Labit (51 ans)

Ancien arrière (clubs), entraîneur à Montauban (champion de France 2006), Castres (champion de France 2013), et au Racing 92 (champion de France 2016).

  • Co-entraîneur de la conquête et des tâches spécifiques : Karim Ghezal (38 ans)

Ancien deuxième-ligne (clubs) ; entraîneur adjoint des avants au LOU (2016-2019).

  • Co-entraîneur de la conquête et des tâches spécifiques : William Servat (41 ans)

Ancien talonneur, 49 sélections (2004-2012), une Coupe du Monde de Rugby (2011).

  • Directeur de la performance : Thibault Giroud (45 ans)

Ancien ailier (Saracens) ; préparateur physique entre 2002 et 2019 (clubs).