La clé du succès japonais ? Une défense de fer

Pour le rugueux deuxième ligne, le sélectionneur Jamie Joseph est le premier responsable de l'excellente forme physique des Brave Blossoms. Mais l'expérience du rugby à XIII de Moore se révèle aussi très utile à son équipe.

TOKYO, le 9 octobre - Le deuxième ligne James Moore a sa petite idée sur la raison du succès japonais dans cette compétition : l'agressivité de sa défense. Les Brave Blossoms affichent un ratio parfait de trois victoires en trois matches et pointent en première place de la Poule A avant d'affronter l'Écosse dimanche à Yokohama. « Jamie (Joseph, sélectionneur du Japon) nous a fait énormément progresser au cours des dernières années, a analysé Moore. Je dirais que, physiquement et mentalement, on est peut-être l’équipe du Japon la plus agressive de notre histoire. »

Âgé de 26 ans, Moore est presque un novice chez les Brave Blossoms. Il n'a en effet connu sa première sélection qu'en juillet dernier. Mais son impact dans l'équipe ne s'est pas fait attendre : en trois matches, il a enchaîné pas moins de 48 plaquages, avec un taux de réussite de 94 %, ce qui le place non loin des tous meilleurs plaqueurs de cette Coupe du Monde 2019, et ce avant même la phase finale. 

« Ça m’amuse de plaquer et de défendre, a expliqué le deuxième ligne. Je travaille beaucoup cet aspect-là, donc c’est très satisfaisant d’avoir pu autant plaquer lors des derniers matches. »

Moore, qui a joué l’intégralité des rencontres depuis le début de la compétition, est arrivé au Japon en 2016, en provenance de l’État du Queensland en Australie, un des foyers du rugby à XIII. Traditionnellement, les « treizistes » plaquent plus haut et utilisent les bras pour envelopper le porteur du ballon afin d’empêcher les offloads. Moore estime que cette expérience lui est très précieuse aujourd’hui.

« Je pense que le fait d'avoir d’abord pratiqué le rugby à XIII m’a beaucoup aidé pour les plaquages. C’est un sport différent, mais dans tous les matches de rugby à XIII, on approche de la trentaine de plaquages par match. Je pense que ça m’a donné beaucoup d’expérience, et j’ai pu facilement transposer cette expérience dans le rugby à XV. »

Alors que le Japon se prépare pour le choc décisif face à l’Écosse, Moore a analysé les personnalités de ses collègues en deuxième ligne. « Thommo (Luke Thompson), c’est une sorte de vétéran de guerre. Je crois que c’est le joueur le plus âgé du tournoi, et il joue encore à un niveau incroyable. Uwe (Helu), c’est un rouleau compresseur, le gars débarque et écrase tout ce qui bouge. 'Wimpie' (van der Walt)... c’est juste 'Wimpie'. C’est difficile à expliquer. »

Une victoire face au XV du Chardon et le Japon se qualifierait pour la première fois de son histoire en quart de finale de la Coupe du Monde. Malgré l'énorme enjeu, Moore assure que l’équipe n’a pas changé sa façon de travailler. « Le staff nous donné un plan de jeu à respecter afin de gagner, donc maintenant, le reste nous appartient, résume-t-il. Il faut juste rentrer sur la pelouse et faire notre job. »

Loin de son Océanie natale, le deuxième ligne se plaît beaucoup au Japon et souhaite continuer à jouer autant qu’il peut dans son pays d’adoption. « Ça me change du Queensland, c’est sûr. La façon de jouer au rugby est très différente au Japon, et la vie de tous les jours aussi. Mais j’adore jouer ici et je n’ai aucune intention de repartir pour le moment. »

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