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Gill Burns, ancienne Red Rose : « comme si nous marchions vers l’avenir du rugby féminin »

Gill Burns estime que la Coupe du Monde de Rugby 2025 est le plus grand événement sportif qu'elle a vécu.

Gill Burns, ancienne internationale anglaise, n’a pas oublié ce frisson du soir d’ouverture. Avancer au milieu d’une marée de supporters, c’était, dit-elle, « comme si nous marchions vers l’avenir du rugby féminin ».

L'ancienne joueuse (1988-2002) se trouvait à Sunderland pour le match entre l'Angleterre et les États-Unis le mois dernier, pour le match d'ouverture de ce qui allait être une Coupe du Monde de Rugby record. Un mois plus tard, on apprend que 440 000 billets ont été vendus, soit trois fois plus que lors de la précédente édition qui a eu lieu trois ans auparavant.

Burns se souvient du Stadium of Light et des 42 773 spectateurs qui ont assisté à l'évènement, du temps passé dans la fan zone qu'elle a patiemment traversé avant de gagner son siège.

« Ce n’était pas tant entrer dans le stade », raconte-t-elle en évoquant l’ampleur de la foule. « C’était arriver dans la fan zone et voir cette immense masse de gens heureux, et ce n’étaient pas seulement les familles et les amis des joueuses, comme c’était le cas autrefois. 

« L’animateur m’a invitée à monter sur scène pour répondre à quelques questions et la réaction du public, les applaudissements… ils ne me connaissaient pas du tout, ils ne suivaient pas le rugby féminin à l’époque où j’étais capitaine de l’Angleterre.

« Il a dit “nous avons une ancienne Red Rose avec nous aujourd’hui sur scène”, et toutes ces personnes qui venaient tout juste d'arriver dans la famille du rugby féminin étaient tellement reconnaissantes. C’était tout simplement incroyable. »

Puis est venu ce long chemin depuis la fan zone, au milieu de milliers de supporters, en traversant le nouveau pont. « C’était comme si nous marchions vers l’avenir du rugby féminin. Ce sera comme ça désormais et c’est absolument merveilleux. »

Le contraste avec son époque est saisissant. Burns avait remporté la Coupe du Monde de Rugby 1994 avec l’Angleterre, un exploit immense, mais quasiment passé sous silence en dehors des proches des joueuses. À l’époque, les joueuses devaient financer leur présence, sans aucune compensation. Elle raconte toutefois, amusée, qu’il y eut quelques « récompenses », notamment après le match d’ouverture face à la Russie, il y a 31 ans.

« Je crois que la seule chose que j’ai eue à la fin du match contre la Russie, c’est un shot de vodka offert par leur entraîneur parce que j’avais fait un discours très amateur en russe après la rencontre ! », rigole-t-elle.

« J’ai réussi à trouver une amie d’amie qui parlait russe. Je lui ai dicté un paragraphe, elle m’a donné les mots et je les ai notés de façon phonétique. Alors, en essayant de dire en russe merci, bien joué et toutes ces formules de politesse de fin de match, l’entraîneur russe m’a offert un shot de vodka gratuit. Je suppose que c’était une forme de gratification ! »

Gill Burns mesure à quel point le rugby féminin a changé depuis son époque et confie l'émotion qui l'a saisie au moment des hymnes lors de la soirée d’ouverture à Sunderland le mois dernier, comme à chaque match de l’Angleterre depuis. « Je pense que la plupart des anciennes Red Roses ont versé une larme, ou une vingtaine à chaque fois qu’elles arrivaient à un événement ou à une réception », sourit-elle.

Gill entretient d’ailleurs un lien particulier avec l’une des joueuses actuelles, l’ouvreuse Holly Aitchison, qui a fait ses débuts en Coupe du Monde lors du dernier match de poule contre l’Australie, à Brighton and Hove, après son retour de blessure. « J’étais évidemment très fière quand Holly Aitchison a joué », raconte Burns.

« La voir avoir sa chance dans cette Coupe du Monde a été formidable, parce que j’ai enseigné à Holly et je la connais depuis qu’elle est toute petite. Je suis amie avec ses parents. »

Son admiration pour la jeune ouvreuse est sans réserve. Titulaire en quart de finale contre l’Écosse puis remplaçante lors de la demi-finale face à la France, Aitchison a confirmé les attentes placées en elle. « Je trouve qu’elle est vraiment exceptionnelle », poursuit Burns. « Pour moi, c’est la meilleure numéro 10 qui ait jamais joué dans le rugby féminin. 

« Mais je comprends aussi pourquoi (John Mitchell) a pu choisir Zoe (Harrison), c’est un profil différent à l’ouverture, et tout dépend du plan de jeu. Nous faisons confiance à Mitch et à ses choix pour gagner la Coupe du Monde. »

Quel que soit le numéro dix retenu samedi pour la finale, il aura la lourde tâche de mener l’attaque anglaise devant un Allianz Stadium à guichets fermés. Un décor inimaginable à la fin des années 1990, quand Burns s’était vu demander dans une interview si le rugby féminin deviendrait un jour professionnel.

Si elle pensait que la génération suivante vivrait ce basculement, jamais elle aurait imaginé que l’antre du rugby afficherait un jour complet pour une rencontre féminine. Elle estime que ce n'est qu'un juste retour des choses après cette Coupe du Monde qu’elle décrit comme l’événement sportif le plus marquant de sa vie.

« J’ai rêvé que ça deviendrait professionnel. J’ai rêvé que nous jouerions à Twickenham, et c’est arrivé pour les filles qui ont suivi ma génération », dit-elle.

« Je n’avais probablement pas rêvé de remplir Twickenham, mais je sais que c’est juste, et je sais qu’elles le méritent. C’est merveilleux et je suis ravie pour toutes les personnes impliquées.

« J’ai assisté à des matchs masculins, à des matchs féminins partout dans le monde et à quantité de Coupes du Monde. Celle-ci est, de loin, le meilleur événement sportif auquel j’ai jamais participé. »

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